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Le samedi matin, le coffre est plein de bottes, de cirés et d’un thermos de chocolat chaud. Nous quittons Lille sans nous presser, avec l’idée simple que la Toussaint est la meilleure saison pour la Baie de Somme : les plages sont vides, la lumière est rasante, et le vent donne aux enfants une excuse pour courir sans qu’on ait à le leur demander.
Pourquoi la Toussaint convient à ce coin de côte
Les vacances de la Toussaint sont courtes et souvent grises. Partir loin, c’est passer la moitié du séjour sur la route. La Baie de Somme, elle, se joue en voiture, à une distance raisonnable depuis le Nord, et elle offre un décor qui change toutes les six heures avec la marée. Pour des enfants de cinq à dix ans, regarder la mer disparaître puis revenir vaut tous les écrans du monde.
Autre avantage : en octobre, les routes du littoral picard restent fluides, sauf le premier samedi des vacances, quand tout le Nord a la même idée que nous. Nous évitons donc ce créneau, et nous partons plutôt le vendredi soir ou le samedi un peu tard dans la matinée, une fois la première vague passée.
Il y a enfin une raison que les enfants comprennent tout de suite : à cette saison, le paysage est vivant. Les oiseaux migrateurs passent, les phoques se reposent sur les bancs de sable, et la baie ressemble à un grand théâtre dont on ne connaît jamais le programme à l’avance. Nous aimons cette part d’imprévu, qui oblige à regarder plutôt qu’à consommer.
Comment y aller depuis Lille
En voiture, il faut compter environ deux heures pour rejoindre la baie, par l’autoroute puis des routes départementales. Nous partons vers neuf heures pour arriver à l’heure du déjeuner. En train, l’option existe avec un changement, mais sur place, sans voiture, les distances entre Le Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme et Le Hourdel deviennent vite pénibles avec des petits. Si vous n’avez pas de voiture, mieux vaut choisir une seule ville et rester à pied et à vélo.
Samedi : le tour de la baie côté nord
Premier arrêt au Hourdel, au bout de la pointe, là où les phoques veaux-marins et gris se reposent sur les bancs de sable à marée basse. Nous apportons des jumelles (celles des grands-parents font parfaitement l’affaire) et nous restons à bonne distance : on regarde, on ne s’approche pas, et les enfants comprennent vite pourquoi. Il faut consulter le calendrier des marées avant de partir, car le spectacle dépend entièrement de l’heure.
Après le déjeuner, nous marchons sur la digue ou le long de la plage du Crotoy. Les cabines colorées, les galets, les mouettes qui suivent le moindre sandwich : l’après-midi passe sans que personne réclame autre chose. Vers dix-sept heures, il fait déjà frais ; nous rentrons, douche chaude, crêpes ou moules-frites en ville, dodo tôt.
Où dormir : une maison de ville ou un gîte près du Crotoy
Pour une famille de quatre, nous préférons une petite maison de location ou un gîte dans le centre du Crotoy, à quelques rues de la digue. L’intérêt est double : pas de voiture à reprendre pour dîner, et une vraie cuisine pour réchauffer le goûter. Les chambres d’hôtes sont une bonne alternative si les enfants dorment bien dans une pièce partagée. Les campings sont fermés ou très réduits à cette période, ce qui élimine d’office l’option mobil-home dans la plupart des cas.
Réserver tôt reste prudent : les semaines de Toussaint sont celles où les locations du littoral partent en premier pour les familles venues de Paris et du Nord.
Dimanche : le train à vapeur et Saint-Valery
Le dimanche matin, nous prenons le chemin de fer de la Baie de Somme, un train touristique à vapeur qui relie Le Crotoy à Saint-Valery-sur-Somme en traversant les marais. Les enfants adorent le bruit, la fumée et le sifflet ; les parents apprécient de regarder le paysage sans conduire. Il faut vérifier les jours de circulation, qui varient selon la saison, avant de décider de l’ordre de la journée.
À Saint-Valery, nous flânons dans la ville haute, le long du quai, puis nous déjeunons sur place. L’après-midi, selon l’humeur, retour au Crotoy pour une dernière marche face au vent ou départ direct vers Lille avant la grande vague des retours.
Le retour
Nous quittons la baie un peu avant le goûter. Deux heures environ de route, souvent plus un dimanche soir de fin de vacances. Les enfants dorment, et nous mettons un podcast. Si la Toussaint se termine ce jour-là, mieux vaut partir tôt plutôt que de se retrouver dans le flot de dix-huit heures.
À savoir avant de partir
- Consulter le calendrier des marées de la baie : il conditionne l’observation des phoques et les promenades sur le sable.
- Emporter bottes, ciré, bonnet et une paire de chaussettes de rechange par enfant. Le vent est plus fort qu’on ne l’imagine.
- Ne jamais s’engager seul sur la baie à marée montante : les sorties à pied se font avec un guide agréé.
- Prévoir des jumelles ou un petit zoom plutôt que d’approcher les animaux.
- Réserver le logement et, si besoin, le train touristique à l’avance en haute fréquentation.
- Prendre un sac étanche pour les vêtements mouillés dans la voiture.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ : trajets, marées et jours de circulation du train changent selon la saison.
Notre bilan de famille
Ce week-end n’a rien de spectaculaire sur le papier, et c’est précisément ce qui nous plaît à la Toussaint. Il n’y a pas de file d’attente, pas de programme serré, juste une côte qui change de visage à chaque marée. Nous revenons avec du sable dans les poches et l’envie d’y retourner en été, mais pas avant d’avoir regardé les prévisions de marée.
Si vous hésitez entre plusieurs destinations pour une courte pause d’automne, la Baie de Somme coche trois cases pour nous : proche, simple à organiser et agréable par temps gris. C’est un bon test pour savoir si vos enfants aiment les vacances « nature douce » sans activité payante.



